Dire et réfléchir l’injustice
Dire et réfléchir l’injustice
La parole des français
À quoi ressemble la France quand on la regarde à travers le prisme de l’injustice vécue ?
La Fondation Jean-Jaurès vient de publier le rapport de l’enquête menée par l’Ifop pour Acadie et Chôros, dans le cadre d’un programme de recherche piloté par Jacques Lévy. Ce rapport revient sur le contexte et la méthode de l’enquête et livre des résultats inédits pour mieux comprendre la France d’aujourd’hui.
4000 témoignages écrits ont nourri cette enquête de terrain réalisée en décembre 2024 et janvier 2025.
Cette enquête, qui avait déjà fait l’objet d’une journée de restitution le 8 décembre dernier, a montré une forte disposition des citoyens à parler de justice et d’injustice. En effet, à la question « Pourriez-vous citer des exemples d’injustice que vous avez personnellement ressentis dans votre vie ? », seuls 7,3 % des répondants n’ont pas souhaité répondre. Les injustices confiées vont de la simple injustice du quotidien à des traumatismes majeurs.
Plusieurs espaces majeurs d’injustice émergent comme la famille ou l’univers judiciaire. Au delà des variables sociales ou partisanes, des clivages originaux apparaissent notamment avec les gradients d’urbanité — taille des aires urbaines et position centre/banlieue/périurbain — qui apparaissent comme des variables déterminantes dans la perception de l’injustice.
Six grandes lignes de fracture émergent :
écarts de revenus,
inégalités produites par les politiques publiques,
sentiment d’être « trop riche pour les aides, trop pauvre pour s’en sortir »,
dénonciation d’une « prime à la paresse »,
perception d’étrangers privilégiés,
critique de la classe politique.
La société française se dessine à travers ces expériences vécues plurielles, à la fois intimes et politiques. À travers cette notion d’injustice, les individus interrogent leur place dans la société et leurs attentes. C’est un véritable portrait psychopolitique de notre société.